FAQ

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FAQ - Questions fréquentes sur le commerce équitable

Cette rubrique vous fournit des réponses à quelques questions fréquentes autour du commerce équitable. Elle vous présente les challenges auxquels doit faire face le système ainsi que de nouveaux développements.

Qu'est-ce que le commerce équitable ?

Le commerce équitable est un partenariat commercial alternatif qui vise à atteindre plus d'équité dans le commerce international. Étant une stratégie de lutte efficace contre la pauvreté, le système a pour but d’améliorer la situation des producteurs et travailleurs défavorisés en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Le commerce équitable est un partenariat entre les producteurs et travailleurs au Sud et les consommateurs au Nord. À travers l’achat de produits Fairtrade, les consommateurs, entreprises et acteurs publics participent à un système commercial équitable, basé sur des normes économiques, sociales et écologiques, qui donne la possibilité aux producteurs et travailleurs du Sud de se construire un meilleur lendemain de manière autonome.

Les petits paysans sont par ailleurs des acteurs majeurs dans le domaine de la sécurité alimentaire. Ils produisent 50% de la nourriture consommée à l’échelle planétaire, et plus de 80% des aliments consommés dans les pays en développement. Fairtrade renforce l’autonomie des producteurs et travailleurs, s’engage à ce que leurs préoccupations légitimes soient prises en compte et constitue un outil essentiel de la lutte contre la pauvreté, la faim et l’exploitation.

Dans quel contexte opère Fairtrade ?

1,4 milliard de personnes dans le monde vivent sous le seuil d’extrême pauvreté (moins de 1,25 dollar par jour). La majorité d’entre elles (70%) vivent dans des zones rurales où l’agriculture paysanne représente la principale source de revenus. Les petits paysans pâtissent de la fluctuation des prix des matières premières et des pratiques parfois abusives des intermédiaires locaux, qui leur achètent de petits volumes à un prix qui ne couvre souvent même pas les coûts de production. Ils sont les perdants d’un système dominé par les intérêts purement commerciaux des entreprises transnationales. Par ailleurs, les producteurs et travailleurs sont préoccupés par l’augmentation du coût de la vie et le changement climatique qui les expose au risque de perdre leurs récoltes.

Les problèmes auxquels sont confrontés les petits producteurs et travailleurs dans les pays du Sud aujourd’hui résultent en partie de décennies d’exclusion et d’exploitation. C’est dans ce contexte complexe qu’intervient Fairtrade. En effet, le commerce équitable est un processus qui mise sur le renforcement des producteurs et travailleurs et le développement sur le long terme.

Le travail de Fairtrade est en concordance avec les Objectifs pour le développement durable (ODD) adoptés par l’ONU en 2015. Le système Fairtrade contribue à la réalisation des ODD, plus particulièrement pour atteindre les objectifs suivants : mettre fin à la pauvreté (objectif 1), permettre l’accès à un travail décent pour tous (objectif 8), promouvoir l’agriculture durable et la consommation socialement responsable (objectif 12), protéger l’environnement et lutter contre le changement climatique (objectif 13).

Fairtrade n’agit pas dans un environnement exempt de toute influence extérieure

Système de certification facultatif, Fairtrade implique que les petits paysans s’organisent et commercialisent leurs produits en commun. Plus de 1,65 million de petits producteurs et de travailleurs répartis dans 74 pays y sont associés. Outre des revenus plus élevés et plus stables, cet engagement donne notamment la possibilité aux producteurs à l’autodéterminisation et d’assumer des responsabilités à travers la cogestion de coopératives et de représentations des travailleurs. Ils décident par exemple de façon autonome et démocratique de l’utilisation de la prime Fairtrade. Dans les coopératives de petits paysans, la prime est entre autres investie dans des mesures visant à améliorer la production et la qualité. Par ailleurs, des projets communautaires tels que la construction d’écoles, des projets d’approvisionnement en eau ou la mise en place de structures de soins contribuent significativement au développement non seulement de l’organisation, mais aussi de régions entières.

C’est précisément à ce niveau qu’intervient Fairtrade avec son label axé sur le renforcement entrepreneurial. Le fait de se regrouper afin d’acheter et de vendre leurs produits en plus grandes quantités et sans intermédiaires permet aux producteurs de générer une plus grande valeur ajoutée à partir de leurs ressources.

Mais dans le contexte souvent difficile des producteurs dans les pays en développement et émergents, la certification Fairtrade ne suffit pas à régler l’ensemble des problèmes économiques, sociaux et politiques existants. Fairtrade est un processus qui mise sur le renforcement des producteurs et travailleurs et le développement sur le long terme. Les petits paysans et les travailleurs se regroupent afin de s’attaquer pas à pas aux racines des problèmes et ainsi créer un meilleur avenir pour eux, leurs familles et leur entourage. Pas seulement pour aujourd’hui, mais surtout pour la génération à venir.

Ensemble, pour une meilleure position de négociation

L’un des fondements de ce modèle de développement porte sur la mise en place d’organisations démocratiques stables. Prescrit par les standards Fairtrade, le regroupement au sein de coopératives permet aux petits paysans d’agir à titre collectif sur le marché et par là d’améliorer leur position de négociation. En même temps, les échanges et le partage des savoirs sont facilités. Ainsi, les organisations de producteurs continuent à se professionnaliser et le métier d’agriculteur reste attractif pour la prochaine génération. Et tout ceci profite à l’ensemble de la société. 

Que signifie le label Fairtrade sur les produits composés ?

Que signifie le label Fairtrade sur des produits composés ?

Les produits Fairtrade les plus populaires au Luxembourg sont des monoproduits, c’est-à-dire des produits constitués d’un seul ingrédient, comme par exemple le café, le thé, les roses, les bananes, le riz ou encore l’or. Ces produits sont commercialisés sur une base 100 % équitable, car ils ne contiennent pas d’autres ingrédients.

 

Pour que les produits composés, qui sont donc constitués de plusieurs ingrédients, tels que les biscuits, les céréales ou encore le chocolat au lait,  puissent porter le label Fairtrade, toutes leurs matières premières doivent provenir du commerce équitable, à l’exception des ingrédients disponibles uniquement en dehors de ce circuit. La règle « All that can be must be Fairtrade » s’applique en occurrence. Or, comme l’action de Fairtrade se concentre exclusivement sur les producteurs du Sud, des ingrédients comme la farine, le lait, les œufs ou encore l’eau n’existent pas sous certification Fairtrade. Un biscuit, un croissant ou le chocolat au lait ne peut donc être constitué à 100 % de produits Fairtrade.

Pour qu’un produit composé puisse porter le label Fairtrade, tous ses ingrédients disponibles en tant que matières premières certifiées Fairtrade doivent donc être achetées auprès de sources de commerce équitable. En même temps, tous les ingrédients certifiés Fairtrade, mesurés par rapport au poids/volume normal de tous les composants d’origine avant la transformation doivent représenter au moins 20%. L’eau ajoutée et/ou les produits laitiers ne sont pas pris en considération lors du calcul, si leur part s’élève à plus de 50 % du produit final.  Or, souvent, la part de matières premières Fairtrade représente même plus de 50 % du produit final. Le texte figurant sur l’emballage fournit l’indication précise du pourcentage Fairtrade.

L’existence de ces produits composés augmente les ventes de matières premières Fairtrade, ce dont profitent les producteurs du Sud. Il est primordial pour les petits paysans dans les pays émergents et en développement qu’ils puissent vendre une part aussi grande que possible de leur récolte à des conditions de commerce équitable. Peu leur importe en l’occurrence de savoir si leurs matières premières sont utilisées au final dans une tablette de chocolat, dans une glace ou sous la forme de poudre de chocolat sur un cappuccino.

Pourquoi cette limite de 20% ?

Il existe depuis 2007 des critères Fairtrade pour les produits composés. À l’époque, chaque organisation nationale pouvait décider de la limite minimum pour les matières premières Fairtrade. Fairtrade Lëtzebuerg a fixé cette limite à 50 %, d’autres organisations nationales étaient cependant en dessous. Cela a causé par la suite des problèmes pour le commerce international avec des produits Fairtrade. C’est pourquoi des critères uniformes au niveau international sont devenus nécessaires. La limite minimale de 20 %, décidée en 2011, est le résultat d’un vote démocratique de tous les intervenants, réunissant des représentants des producteurs du Sud et les organisations nationales Fairtrade du Nord. Cette décision est soutenue par Fairtrade Lëtzebuerg en tant qu’organisation membre de Fairtrade International.

Cette limite minimum est cependant un aspect parmi d’autres des critères standard pour les produits composés. Tout aussi importante est la règle que tout ce qui peut être Fairtrade doit être issu du commerce équitable. Ainsi, la grande majorité des produits composés comportent plus de 50 % d’ingrédients Fairtrade.

Le concept de la « mass balance »

Lorsqu’un produit porte le label Fairtrade, cela signifie qu’il est conforme aux standards internationaux du système Fairtrade et que le respect des critères est contrôlé par l’organisation de certification indépendante Flo-Cert. Dans le système Fairtrade, la traçabilité des produits est garantie à 100 % pour la grande majorité des produits, par exemple le café, les bananes, les roses, le riz etc.

Cependant, il existe la possibilité d’une exception si les conditions sur le terrain l’exigent. Pour le jus d’oranges, le cacao, le sucre et le thé, les producteurs ne disposent pas toujours de leurs propres structures de transformation et sont donc dépendants des structures de transformation de la région. Si les quantités de produits Fairtrade sont très petites, les structures de transformation ne peuvent pas séparer la production Fairtrade des matières premières non Fairtrade. Pour ces 4 produits, les producteurs seraient exclus du système Fairtrade et ne pourraient pas bénéficier du prix et de la prime Fairtrade s’ils devaient garantir une traçabilité à 100 %.

Pour remédier à ce problème et permettre à ces producteurs de pouvoir profiter du commerce équitable, le concept de la « mass balance » a été créé pour ces 4 produits seulement, pour lesquels la traçabilité physique ne peut pas toujours être garantie à cause de la complexité de la chaîne d’approvisionnement ou des étapes de production.

Important : Le concept de mass balance peut être applicable pour les 4 catégories de produits nommées, mais n’est pas appliqué de manière systématique.

Exemple du jus d’oranges au Brésil : Les petits producteurs d’oranges au Brésil ne disposent pas de centres de transformation pour produire du jus d’oranges, ils doivent amener leurs oranges dans de grandes usines de transformation où toutes les oranges sont mélangées et transformées en concentré de jus d’oranges.

C’est dans le cas de ces 4 catégories de produits que le concept de mass balance peut être appliqué :

Le principe est simple : la même quantité achetée en Fairtrade doit être vendue en Fairtrade. Si 50 tonnes d’oranges Fairtrade sont livrées à l’usine, il faudra que l’équivalent en jus d’orange soit vendu sous les conditions Fairtrade.

Les produits finaux labellisés Fairtrade respectent toujours les critères Fairtrade, car un prix minimum et une prime Fairtrade sont également versés à l’organisation de producteurs pour la quantité de matières premières qu’elle a vendues sous les conditions Fairtrade. L’ensemble des flux de marchandises et d’argent est documenté par écrit et vérifié par l’organisation de contrôle Flo-Cert.

Ce système de mass balance existe au Luxembourg aussi pour des produits issus de l’agriculture du Nord.

Il faut également savoir que le système de mass balance, qui n’est donc pas appliqué de manière systématique, n’est pas applicable du tout pour les produits Fairtrade qui sont également bio.

Exemple : Le cacao Fairtrade d’Amérique latine est en grande majorité issu de l’agriculture biologique, donc dans ce cas, le concept de mass balance ne peut pas être appliqué. C’est pour cette raison que le cacao d’Amérique latine bio & Fairtrade est 100 % traçable.

La traçabilité à 100 % reste le but final dans le système Fairtrade. En attendant que les producteurs soient assez forts et aient les moyens de construire et d’assurer leurs propres structures de transformation, le concept du mass balance leur permet de prendre part au système Fairtrade et de bénéficier des mêmes avantages que les autres producteurs.

Ce système de mass balance existe au Luxembourg aussi pour des produits issus de l’agriculture du Nord.

Comparable avec l'injection de courant vert

Les prises électriques des clients du courant vert ne sont pas seulement alimentées d'électricité verte, mais par un mix d’électricité produite par des sources d’énergie nucléaire, éolienne, hydraulique, solaire et du charbon. Pour séparer complètement le courant vert, il faudrait disposer d’un réseau de répartition spécifique, ce qui serait très coûteux.

 

Etudes d'impact - Bibliothèque en ligne des études portant sur l’impact de Fairtrade

Fairtrade renforce les petits producteurs, les ouvriers des plantations et leurs familles dans les pays du Sud, afin de leur permettre d’améliorer durablement leurs conditions de vie par leurs propres moyens. Fairtrade est un processus de développement – une voie de changement en coopération avec tous les acteurs de la chaîne de valeur – du producteur au consommateur en passant par les négociants.

L'impact de Fairtrade a été démontré par de multiples études. Avec le label bio, Fairtrade est le label de développement durable le plus largement étudié. Une petite liste a pour objectif, sans prétention d'exhaustivité, de proposer une vue d'ensemble des rapports les plus importants sur l'impact de Fairtrade.

Vous pouvez consulter de nombreuses études et références intéressantes sous ce lien.

L'impact de Fairtrade:
  • Amélioration des revenus et de la stabilité financière pour les petits producteurs – grâce aux prix minimums, aux primes Fairtrade et aux salaires décents
  • Autodétermination et prise de responsabilité du fait du renforcement des structures démocratiques dans les coopératives et les comités de travailleurs
  • Conditions de travail réglementées et meilleure protection de la santé pour les ouvriers des plantations – grâce aux standards précis et aux contrôles réguliers
  • Protection des ressources naturelles et promotion de l’agriculture biologique, à travers les exigences posées par les standards Fairtrade et le prix plus élevé pour les produits Fairtrade bio

Fairtrade est bien plus qu’un prix équitable. Le renforcement des organisations de producteurs est au cœur des préoccupations du commerce équitable. À côté du prix minimum et de la prime qui jouent un rôle clé, la mise en place de structures démocratiques ainsi que des mesures d’assistance sur place constituent également des outils essentiels. De même, l’impact pour les communautés villageoises a une portée considérable – par exemple par le biais des primes investies dans le domaine de la formation, des soins médicaux ou de l’accès à de l’eau propre.

Représentation des producteurs à 50% dans le système Fairtrade

Depuis 2011, les producteurs Fairtrade (c'est à dire les représentants des 3 réseaux de producteurs régionaux d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie) disposent de 50 % des voix dans le système Fairtrade. Chaque décision est ainsi également entre les mains des producteurs, qui participent au vote des décisions prises à l’assemblée générale de Fairtrade International. Le système Fairtrade est le seul système de certification dans lequel les réseaux de producteurs possèdent 50 % des voix.